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Kuromaru No Himitsu

 
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Kuromaru No Himitsu
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Kuromaru no Himitsu
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Par où commencer ? Une vie aussi longue et remplie que celle que je vais vous raconter nécessite organisation, pour éviter diverses confusions. Pour cette même raison, j’espère que vous excuserez la longueur du discours qui va suivre, il se peut qu’il vous paraîtra ennuyeux à certains moments, pourtant je tenterai de résumer au maximum, en appuyant bien-sûr sur quelques points importants, chers à mes yeux. J’attirerai parfois votre attention sur des détails plus éloquents que de longues explications. Sur cette courte introduction, commençons notre introspection en cette histoire peu courante.

Citation:
Le livre de la vie est le livre suprême
Qu'on ne peut ni fermer, ni ouvrir à son choix.
Le passage adoré ne s'y lit pas deux fois,
Mais le feuillet fatal s'y tourne lui-même.
On voudrait revenir à la page où l'on aime
Et la page ou l'on meurt est déjà sous nos doigts.


Voilà ce qu’un grand homme m’a dit un jour, malgré la beauté de ses mots, malgré la justesse de ses phrases, je ne croirai jamais au destin ou à la fatalité.


Citation:
~¤~ Chapitre I – Prologue ~¤~


L’aube des temps fut bercée par d’innombrables horreurs, immondices nées des entrailles de la Terre. Ces cataclysmes déambulaient en ce bas monde, le marquant de leurs lourdes empreintes, sous un ciel ardent. Les nuages violacés flottaient au-dessus d’eux, au milieu d’une mer enfiévrée, enflammée, de ce feu incandescent rouge sang, vermillon, que dis-je érubescent ! Oui ce ciel hypnotisant, teinté, cet air asphyxiant, cette eau pastelle, irréelle, comme une tâche cyan estompée dans le paysage. Et parmi ces abjections corrompues, sillonnant ce monde obscène, un être se dressait.
Était-il différent de ses confrères ? Non j’en doute. Du moins il se distinguait d’eux de part l’apparence, mais s’il survivait dans cet environnement, alors permettez moi de douter de son appartenance à une quelconque race pure. Et pourtant … Il se dressa, seul envers et contre tout. Il se dressa seul contre le monde, contre son milieu, contre ses congénères infâmes, il se dressa contre sa nature, contre lui-même. Il gagna son individualité, il rompit ses liens, il se libéra et marqua le monde de sa pierre, la première pierre d’une longue construction. Il était sorti vainqueur, sa première victoire depuis sa naissance, néanmoins ce fut à n’en pas douter, une erreur … Car alors que le livre de sa vie n’aurait dû compter que quelques pages, il en écrivit beaucoup d’autres, immoralement. Et son existence pourtant contestée devint immuable. Mais ce n’est pas notre sujet pour le moment.
Je disais donc tout à l’heure qu’il était différent par l’apparence. Mais en quoi alors ? Il avait 4 membres se terminant par des doigts et des orteils, une tête rassemblant l’ensemble des capteurs sensoriels (2 yeux, 2 oreilles, 1 bouche, 1 nez, de la peau), un cerveau lui permettant de traiter ces informations sensorielles et de penser, une peau uniformément unie. Au contraire il ne possédait pas de carapace protectrice, de longues griffes, de tentacules démesurément longs, des organes sensoriels ou moteurs en trop, pas de poils ou de fourrures s’étendant partout sur son corps. Ses frères regroupaient l’ensemble de ces caractères eux, en un dégoûtant méli-mélo de souillure noire empoisonnée et polluée. Oui il était vraiment différent de par son apparence. Si différent …

Sa différence le poursuivra vous ne croyez pas ? Durant cette première partie vous êtes-vous rendus compte de cette différence ? Vous êtes vous seulement rendus compte de celle qui vous fait face ? Ma différence, car cet être c’était moi … Oh, apparemment non à la vue de votre expression de surprise accentuée. Je me délecte de cet effet que je vous réservais depuis le début. Vous n’êtes pas choqué au point de me quitter au milieu de mon récit, si ? Je soupçonnais cette réponse, vous m’en voyez ravi. Continuons donc …


Citation:
~¤~ Chapitre II – Compréhension ~¤~


Donc après ce triomphe, je me mis en route, à la découverte du monde que je devinais beaucoup plus grand que ce qu’il paraissait. Je rencontrai des peuples, semblables à ce que j’étais, à ce que je suis. Naïf et insouciant je les jugeai dangereux, et mon contact avec eux se fit bref et éphémère, pour le moment. Ma quête se poursuivit, sans réel but sinon celui de découvrir, celui d’épancher une soif spirituelle. Mes pas me menèrent partout, partout où je pus marcher, partout où la terre me supporta. Alors que des paysages merveilleux et reculés se révélèrent à moi et moi-seul, autant que des paysages désolés et apocalyptiques comme celui qui m’avait bercé, je continuai, éternellement assoiffé. Je rencontrai d’autres familles ignobles comme celle qui m’avait conçu, je les éradiquais comme j’avais supprimé la mienne. Mais le monde était rond et c’est avec un soupir de déception que je revins à mon point de départ. Blasé, déçu, je rejoignis l’une des tribus que j’avais rencontrées au tout début de mon aventure. J’appris beaucoup de ces peuples nomades. Une de ces choses me frappa et me choqua. Alors que j’avais connu certains membres de la tribu lors de mon premier passage, j’appris avec regret leur mort. Beaucoup étaient morts … Je les questionnai au sujet de ces morts. En retour on me questionna sur les raisons de ma connaissance de ces personnes. Ce fut ma première approche de la mortalité …
Oui. Alors que j’avais mis quelques siècles pour tourner autour du monde, nombre des gens de ce peuple avaient succombés. Sans véritables raisons ! Comment pouvait-on mourir sans être transpercé de part en part par le fer, ou brûler par le feu ? Mystères qui m’intéressèrent plus tard, car en cette époque je ne me caractérisais pas par cette obsession de tout découvrir, savoir tout sur tout.
Non, en cette époque je ne fis rien, mon contact avec le peule des humains, comme ils s’appelaient, se fit plus profond. Nous nous liâmes, ce fut tout. J’étais encore différent et cette différence marqua encore ma vie. Au tout début ils m’adorèrent comme un Dieu, immortel. Cette différence joua en ma faveur, un très court instant. Puis le pêché s’insinua en eux et la jalousie s’empara de leurs âmes. Ils me chassèrent, m’accusèrent de ne pas leur livrer mon secret, m’accusèrent d’être égoïste et de les voler par-dessus le marché. Une fois de plus je me retrouvai seul, mais cette expérience m’apporta plus que ce que j’y avais perdu …


Citation:
~¤~ Chapitre III – Solitude & Nostalgie ~¤~


Rejeté ! La première fois que je m’étais extirpé d’un milieu comme celui-ci, je l’avais voulu et je m’étais donné les moyens. Là je connaissais l’exclusion. Expulsé d’un milieu que j’avais accepté comme mon «chez moi». Et pourquoi ? Pour un égoïsme erroné, un trait de caractère absent, une différence incontrôlée. Non loin de mon ancien refuge j’errai, en solitaire. Poète délaissé marchant avec sa solitude, et avec la solitude vinrent les pensées, déprimantes et déprimées pour la plupart. Des questions sur l’existence, sur la vie, sur le temps. Trop de questions, trop peu de réponses. Solitude, dans la pensée de mes nuits, tu m’accompagnais. Solitude, dans les folles journées passées avec toi, le souvenir restera et perdurera. Nostalgie des temps anciens, désormais révolus. En cette éviction je vous considérais comme mes deux meilleures amies, mais vous décidâtes de m’abandonner vous aussi pour des raisons qui me restèrent voilées. Grand bien vous en a été fait, je me retrouvai moi-même, comme je l’avais déjà accompli, encore et toujours. Au final, c’est ça la vie. Un grand cycle. Des gens en qui vous placez votre confiance et qui vous la rende sous forme de coups bas. Je n’avais rien à dire pour ma défense, à croire que je méritais ce qui m’arrivait. Oui je le méritais … je ne savais plus quoi faire, plus quoi dire, mise à part l’envie de hurler, jusqu’à ce que ma voix s’éreinte et s’éteigne d’elle-même. Hurler au monde ce qui n’allait pas, hurler cette confusion contradictoire à la vie qui me semblait si limpide. Solitude, Nostalgie, vous étiez mes confidents, ceux sur qui je comptais. Enfin ceux sur qui je pensais pouvoir compter, mais vous m’avez forcé à changer cela, en partant … J’avais autrefois gagné mon individualité par moi-même, cette fois-ci je leur laissais le privilège de me la donner. Ils me voyaient égoïste ! Alors j’apparaîtrais ainsi !
Cette nuit-là une nouvelle soif apparut en moi, loin de la de la misérable avidité culturelle, loin de cet appétit ridicule. Cette soif là était physique, et irrémédiablement urgente. La conscience me quitta elle aussi et, abandonné par tous et toutes, je me mit en route vers la création d’une nouvelle légende … Celle des vampires …


Citation:
« Le Temps est un adversaire qui joue en permanence à tous les jeux. N’oublie pas qu’il ne triche jamais, terriblement constant, et qu’il gagne à coup sûr. »


Le temps est un adversaire qui n’a jamais osé me défier, je l’attends encore aujourd’hui, assis sur ce fauteuil, en vain. De toute façon qu’aurait-il à gagner à supprimer le témoin immortel de son action, son éternel gardien, façonné à son image …
 


_________________

~¤~ " Paroles " / Actions-Pensées ~¤~


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Kuromaru no Himitsu
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Message Kuromaru No Himitsu Répondre en citant
Citation:
~¤~ Chapitre IV – Vampire ? ~¤~



Oh vous avez bien entendu malgré vos capacités d’écoute médiocres. Cette nuit là le mythe des vampires prit consistance. Suceur de sang, strige, exploiteur, autant de noms craints de par leurs significations. Quelles sont ces significations ?! Vous moquerez-vous de moi par hasard ? Non ? Voyons … Un suceur de sa … Ah je vois. Ma question aurait dû, plutôt, être : Qu’est-ce que ça fait de porter ces surnoms ? Une extase spasmodique devant les regards convoiteurs des autres ! Une véritable catalepsie léthargique devant tant de jalousie et d’envie ! Une sublimation névrosée d’avoir ce que les autres n’ont pas, de faire face, tel un monolithe, au temps, ce Dieu immuable. De traverser les âges, d’assister au crépuscule et à l’aube. La fin et le renouveau. D’être éternel et de seconder le Monde dans sa vieillesse. J’étais là au commencement et je serai là quand tout prendra fin ! C’est avec délectation que je vis ces moments d’étrange intensité, seul, toujours seul … Je ne vous parlerai que de cet aspect là pour l’instant car je reviendrai un peu plus tard sur le deuxième aspect marquant du mythe. Un aspect que j’ai évoqué très rapidement déjà … Oui c’est ça, vous avez compris …
Pour l’instant revenons-en à ma vie, là où je l’ai laissée. À la naissance de mon mythe. Suite à cette fièvre d’appétence arriva une vie beaucoup plus simple. Plus de questions ! Plus de réponses à donner ! Juste la folie, la satisfaction et le désir de satisfaction. Je traversai les âges, changeant d’endroit quand la civilisation humaine se rendait compte de mon existence, ce qui pouvait, soit dit en passant, prendre plusieurs décennies. Je m’installais, j’assouvissais mes besoins, puis quand je le devais, je repartais vers d’autres horizons plus cléments. J’assistai à quelques évènements mémorables parfois. J’assistai ainsi à la venu d’un messie chrétien, mais aussi à d’illustres figures européennes, orientales, américaines ou asiatiques. Les années passèrent, les guerres se succédèrent, on m’oublia. Enfin certains me poursuivirent encore et encore, suivant de vieilles indications et de fausses légendes. Mais dans la globalité de l’Histoire, on m’oublia. Moi plus je restais seul et plus la raison m’abandonnait, et ce qui me sauva fut une rencontre plus qu’imprévue. Quoique … Cette confrontation homérique n’avait vraiment rien d’une improbabilité.


Citation:
~¤~ Chapitre V – Elle ~¤~



J’en viens désormais au fameux point tant attendu. Cette convoitise cupide du corps, ou de l’âme qu’en sais-je. Depuis la fameuse première nuit elle ne me quitte pour ainsi dire jamais. Elle me pourchasse et me force à m’abreuver. Au fur et à mesure du temps j’ai délaissé les animaux, trouvant leur goût trop fade. Puis j’ai délaissé les hommes, trouvant que les femmes avaient une attirance particulièrement plus … Mhmm Attirante ? Bref vous me demandiez ce que je ressentais en étant de cette espèce là. J’ai évoqué devant vous en un premier temps le côté abstrait de la chose. Je passe maintenant au côté concret.
Le 23 juillet 1954, ma vie prit un tournant. Alors que je parcourais les rues de Moscou, laissant voguer derrière moi ma cape sombre, imprimant de chaque pas mes empreintes dans la neige. Le crissement de mes bottes, le grincement des portières, les hurlements, les cris. Tant de sons qui me parvenaient, à moi et à moi seul. Ces sons je les accueillais chacun leur tour, les analysais et en identifiais la provenance. L’odeur acide de l’air, la neige qui couvrait les égouts, le parfum des belles dames se promenant. Les 5 sens étaient pour moi sources d’émerveillement, et en conséquence mon visage affichait en permanence un sourire, quel qu’il soit. Et quel émerveillement ce jour là ! Ce fut d’abord une odeur, un parfum sublime et envouteur. Puis un éclat de rire charmant et enjôleur. Je tournais à un coin de rue pour apercevoir enfin le joyau, l’émetteur de tant de ravissements. Une femme … Une illumination, un bouquet pour les sens, surtout quand ils étaient aussi affinés que les miens. Un regard. La rage bouillonnait déjà en moi. J’hésitais pour ne pas souiller la neige de rouge aujourd’hui. Pas que ce n’était pas dans mes cordes, mais pourquoi agir avant de réfléchir. Moi j’avais encore le choix, elle, elle était condamnée. Je tournais les talons et disparut dans un endroit que seul moi connaissait. La nuit vint, mes choix furent fait …


Citation:
~¤~ Chapitre VI – Le Marionnettiste/Violoncelliste ~¤~



Du haut de la plus haute tour je ne pus m’empêcher de réfléchir, avant de me mettre en chasse. Je n’avais pas pour habitude de me plonger dans de telles élucubrations. Je chassais mes spéculations d’un mouvement de tête puis je me jetai du haut clocher, en quête de sang. Non pas de n’importe quel sang, du sang de cette jeune fille … Guidé par l’odeur, par la soif, le désir, je ne mis guère longtemps pour trouver le lieu de résidence de ma futur ex-femme de couche. La fenêtre resta béante devant mon apparition et je posai un pied dans sa chambre quand mon adage revint à l’assaut, me laissant pantois, debout les yeux vagues. Je me laissai donc envahir par ces circonspections que je savais intraitables.

Citation:
J’aime à observer mes semblables, à deviner ce a quoi ils pensent. Je me plais aussi à jouer avec eux. A analyser leurs réactions. La moindre phrase, le plus infime geste, ou une simple expression de mon visage aussi parfois, et je joue au violoncelliste.
Les mots sont comme des notes de musiques divines. Ils s’envolent d’entre nos lèvres et virevoltent de-ci delà, papillons fragiles, frissonnants et éphémères. Quelquefois l’insecte magique touche un esprit, une conscience, et résonne en elle tel une complainte en une église. Il la touche comme le ferait une goutte d’eau en tombant dans un étang : devenant formes étranges qui s’accouplent pour engendrer des arabesques plus insolites encore.
Mon plaisir est de créer ces papillons, de les parer des couleurs les plus éclatantes et les plus trompeuses, puis de les laisser s’envoler en les guidant ensuite vers les âmes que je désire envoûter.
Je suis le magicien des esprits, dresseur de sentence et manipulateur d’essence.
Je suis l’archet, et eux, les cordes de mon instrument. Chacune d’entre elle peut émettre sous mon emprise des notes vives et limpides, ou sombres et lancinantes. Ces cordes rient ou pleurent selon mon bon plaisir, tantôt ressentant profondément l’influence de moi, le musicien, tantôt inconscientes de la géniale manipulation que j’exerce sur eux.
Ils prient des dieux inconnus sans se douter un instant que c’est moi qui régi leur destin. C’est à moi que devraient s’adresser leurs cantiques, et aussi, parfois, leur chants funèbres.
Je suis celui qui tire les ficelles, le marionnettiste diabolique. Sur eux, mes jouets, mes enfants, j’ai le droit de vie et de mort. Mais naïfs comme seul le sont les enfants, ils ne l’entrevoient même pas.
Leurs émotions sont autant de ficelles, que je tire selon mes humeurs, et eux, pantins grotesques, dansent pour moi sans le savoir, m’offrant un spectacle céleste.
Mais quelle est cette marionnette aux liens brisés que je vois assise dans l’ombre ?
Elle me regarde elle aussi. Elle observe le dieu que je suis. Elle a conscience de l’homme en moi aussi.
Que devine-elle de moi ?
Mon visage ne laisse pas paraître mes émotions, il y a bien longtemps que j’ai posé un masque blanc et froid sur ma face.
Peut-être est elle comme moi ?
Peut-être sait-elle percer le miroir des apparences ?
Elle semble voir. Elle parait comprendre.
Elle ne réagit pas au son de mes instruments, et l’archet s’agite dans le vide, et mes mots résonnent pour moi seul.
Une larme perle à son regard. Et je me sens vibrer comme la corde d’un violoncelle trop longtemps oublié. Et de mes mains et de mes pieds jaillissent des ficelles, des cordes de chanvres ?
Semblable à une araignée, elle fait de moi sa toile et me peint un nouveau visage.
Les morceaux de mon masque brisé tombent à terre. Une sorte de félicité s’empare de moi. Mais l’étincelle de celui que je fus brûle encore, quelque part, tout au fond.
Je ne veux pas. Je ne veux pas être l’un des leurs, me fondre dans la masse, je ne veux pas d’un corps de bois et d’une tête vide, je ne veux pas être un polichinelle sans âme.
Je tente de ramasser ces bouts de moi-même, mais je me coupe sur leurs bords affilés.
Les mains ensanglantées, je tente de me recomposer un visage. Je veux redevenir moi-même. Mais la volonté n’a plus rien à voir dans cette histoire. Car c’est elle le marionnettiste à présent. Elle me tient en son pouvoir, et ces ficelles qui sortent de moi-même sont autant de liens, d’entraves, de sorts jetés par elle.
Et il suffit d’un mot ou d’un geste de sa part pour que je danse pour elle ou que je rampe à ses pieds.
Mon corps lui appartient, mais cette sorcière n’aura pas mon esprit. Je prétendrai lui céder pour mieux lui résister, et un jour, je me libérerai de ces chaînes et je me forgerai un nouveau visage. Je façonnerai un nouveau masque aux flammes même de sa souffrance. Ce masque là ne sera pas blanc, ainsi que l’ancien, mais rouge, comme son sang que je ferai alors couler.
Je briserai son archet, et je brûlerai son costume.
Il ne peut il y avoir qu’un seul marionnettiste ici bas.
Ce sera moi.
Je veux lui résister, mais en attendant je danse et je rampe.
Je sens qu’elle attrape un par un les fils de mon esprit. Elle les attire à elle et peu à peu je lui appartiens, toujours un peu plus.
J’aimerai résister, mais ce mot perd peu à peu sa signification pour moi.
Peut être, la haut, au delà de nos mots, un dieu sourit, un archet à la main, faisant vibrer les cordes glacées d’un violoncelle étincelant, et il se réjouit d’avoir pu punir un si orgueilleux marionnettiste. Le si orgueilleux magicien des âmes que je fus.
Les archets ont suspendu leur envol et la musique s’est tue. Les notes sont retombées et me voici dans l’ombre, pantin pantelant, marionnette comme morte.
Après la révolte me dit-elle, la résignation.
Elle a vaincu ma révolte, mais elle a bien joué avec mes cordes, car je ne ressens même pas de renoncement. Un sentiment nouveau s’impose à moi. Son archet fait vibrer en ma moelle de nouveaux sons, dessinant en mon âme un étrange sentiment, puis un mot … Amour ?
Mais la dernière volute de mon esprit s’envole en cet instant, et, sans volonté aucune, voila que je lui appartiens.


Elle me captura, cette diablesse. La proie devint le prédateur et le prédateur la proie. Celle que je préméditais d’abuser puis de tuer résista d’une façon naturelle. Elle prit possession de moi alors que je m’avançais vers elle. Et sur ces entrefaites je me laissai prendre dans ses bras, je l’enlaçai et nous vécûmes tous les deux une expérience étrange mais unique. Elle fut tout et plus encore, le solennel hypnotique. Immuable et folle attraction. Je suis un esclave et je suis un maître. Pas de retenue, j’existe au travers mon désir, elle est quelque chose en moi que je méprise. Cette nuit sembla durer éternellement mais le jour vint et nous dûmes nous quitter. La marionnette que je devins pendant cette nuit là se fracassa sur le sol, encore une fois abandonné, par son marionnettiste cette fois-ci. Nous avions convenu de ne jamais nous revoir mais comment résister à cela ? Je le savais que c’était impossible. Que dès la nuit revenue je me sentirais obligé de revenir la voir, de revenir sur ma promesse. Comment résister alors ? Une seule solution, l’oublier. Mais pour l’oublier Elle, il me fallait Tout oublier. Je savais comment faire …

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Kuromaru no Himitsu
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Message Kuromaru No Himitsu Répondre en citant
Citation:
~¤~ Chapitre VII – Incarcération ~¤~



Dès le lendemain je me dirigeai au travers de la ville vers le prochain le lieu le plus détesté de ma vie. L’action que je m’apprêtais à faire me semblait juste, c’était en comptant avec souffrance et douleur que je voulais oublier l’inoubliable. Déjà brisé, mélancolique, hésitant, je me présentai au bureau central de Russie du KGB, me présentant comme un espion américain détenant des informations importantes sur des dossiers top-secrets (ce qui n’était pas totalement faux). L’effet fut immédiat et irrévocable …
Je disparus de la surface de la Terre …
Je fus interné, enfermé entre des murs gris sales. Parfois je parcourais de longs couloirs froids et humides. Pour me rendre dans d’autres salles plus rudes encore. Puis je devins aveugle à cause du bandeau que l’on me mit sur les yeux. Un monde d’obscurité s’offrit à moi pendant longtemps … Très longtemps … Puis, pareillement, on supprima chacun de mes sens : l’ouïe, l’odorat, le goût, le touché. Les méthodes furent plus radicales … L’acide me calcina la langue, et le feu fit de ma peau un vieux bout de parchemin racorni. Mon nez et mes oreilles furent bouchées. À l’occasion ils m’inséraient des tisons ardents dans ces orifices. Et je naviguais ainsi entre différentes salles, l’enfermement pur et simple, la torture dure et douloureuse. Bientôt je devins automate, ma raison s’habitua et je ne vivais plus que pour me faire charcuter, je comprenais presque pourquoi on m’infligeait ça. Oui je comprenais parfaitement ! Finalement le Temps est un joueur qui joue à tous les jeux, il ne faut pas le sous-estimer. Parce qu’il ne pouvait m’avoir sur son propre terrain, il est venu jouer sur le mien. La mémoire me quitta, tout me quitta … Et mon ancienne vie me délaissa, chassée de mon corps par les tisons, par les scalpels, par les pinces, par le feu, par l’acide … Quand je n’étais réduit plus qu’à un tas difforme de chairs on me relâcha … Par pitié j’imagine …


Citation:
~¤~ Chapitre VIII – Bilan ~¤~



Au bord d’une route inconnue je repris pied sur le monde réel. Je m’étais reconstitué, mon corps plus resplendissant que jamais, paraissait irréel après l’état dans lequel il avait été pendant mon incarcération. J’errai alors comme un animal blessé, égaré dans l’énigmatique nouveau monde qui s’offrait à moi. Un nouveau départ ? Pour ainsi dire, il fut difficile … J’avais vécu une décennie dans un monde souterrain, coupé de l’extérieur, à subir divers attentats à mon corps. Par-dessus tout, cela faisait 10 ans que je n’avais pas sentis ce liquide chaud, purpurin, couler sur mes lèvres. Cela faisait 10 longues années que je n’avais pas bu de sang ! Au bord de l’extinction je m’isolai de nouveau, ne voulant plus jamais avoir à faire avec cette race maudite. Plus jamais je ne pourrai boire le sang d’une femme, celle que j’avais «oubliée» m’avait laissé une marque profonde dans l’esprit et le corps. Je ne comptais plus jamais refaire d’erreur et je comprenais enfin que c’est en s’informant qu’on évitait les erreurs. Mon voyage initiatique commença donc ici, au bord d’une route de Sibérie. Il n’y avait aucun endroit où je ne pouvais aller, aucun livre que je ne pouvais lire, aucune histoire que je ne pouvais entendre. La moindre information m’intéressait, le moindre renseignement avait de la valeur. Il n’y avait aucun endroit où je n’allais pas, aucun livre que je ne lisais pas, aucune histoire que je n’écoutais pas. Mon pèlerinage ne fut pas de tout repos mais en même temps … J’avais vécu tellement pire …

Citation:
~¤~ Chapitre IX – Recherches ~¤~



Je trouvai résidence dans un grand manoir d’Irlande où je pu réunir tout un tas de projets et d’expériences. Mon sujet de prédilection fut la constitution humaine, l’anatomie ou le corps humain. Trois noms désignant le même art, la médecine. Plusieurs sujets nécessitaient mon attention comme la mortalité par exemple. Je me devais d’élucider ce mystère en priorité. D’où venait-elle ? Pourquoi les humaines vieillissaient-ils ? Pourquoi mouraient-ils sans aucune raison valable ? Je ne pouvais toucher à mon sublime corps dans un premier temps parce qu’il était absolument parfait, et puis je n’étais pas mortel … Mon manoir se transforma en un salon d’étude de corps humains. Les dissections s’enchaînèrent, et plus que jamais je devenais accro au sang humain fraîchement récupéré. Et puis la découverte de nouveaux organes, de nouvelles fonctionnalités. Toutes ces découvertes. Je ne pouvais plus m’arrêter, la boucle était bouclée, j’avais trouvé ma voie. Un problème subsistait … L’approvisionnement …

Citation:
~¤~ Chapitre X – Epilogue d'une vie ~¤~

 


Mes nuits se firent de plus en plus courtes, ce problème me froissait, il me fallait le résoudre, et vite. Je ne pouvais pas vider la population irlandaise éternellement ! Quoique … Non ! Je voulais disséquer sans répit ! Sans relâche ! Cette baisse de régime me minait, il me fallait des sujets, de nouveaux sujets d’étude. Des cernes foncées m’entourèrent les yeux, je réfléchissais … Mes occupations se limitaient à jouer de mon instrument favori, le violoncelle et jouer aux échecs. Mais je ne pouvais me maintenir en place plus de quelques jours sans quoi l’excitation me rendait dingue. « Le sang, les chairs, les os ! À moi ! Tous à moi ! Je vous dissèquerai tous ! Oh ! » Mais alors que je lançai cette phrase au monde du haut de mon château, je trouvai la solution.

Citation:
Attention, toi qui me lis de ne pas te laisser prendre à mon histoire, de ne pas succomber à mon charme, ni à celui de quiconque. Rien n’est plus traître et plus magique que la musique des mots. De celle à laquelle on ne peut résister.


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Dim 14 Juin - 12:36 (2009) Visiter le site web du posteur MSN
Kuromaru no Himitsu
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Message Kuromaru No Himitsu Répondre en citant
Voilà pour la première partie, on verra ensuite pour la partie de la mort (qui sera, je préviens de suite, pas aussi développée).

J'imagine que certain me reconnaîtront, j'étais Saki anciennement, mais n'aillant jamais utilisé ce personnage, je préfère l'essayer.

A bientôt =)

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Message Kuromaru No Himitsu Répondre en citant
C'est sans hésitations que je te valide cette radieuse seconde présentation. Tu peux donc passer à la suite, au terme de laquelle je t'offrirais un bonus conséquent pour toute cette passionnantes lecture.

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Message Kuromaru No Himitsu Répondre en citant
Mais qu'est ce qu'on a fait pour mériter une présentation pareille ?
Admin, avous que tu le paie pour qu'il écrive des histoires aussi superbes !

PS : Moi aussi j'aurais besoin d'un peu d'argent de poche si Kuromaru n'a plus le temps de travailler pour toi Mort de Rire

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Dim 14 Juin - 17:48 (2009)
Kuromaru no Himitsu
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~¤~ Chapitre XI – De vie à trépas ~¤~
 


 
Les nuages s’accumulaient dans le ciel, les cieux grondaient sans cesse contre moi. Noir comme la nuit, ils jetaient une ombre menaçante sur ce monde. Aucunement effrayé, j'avançais, marchant dans le vent déchaîné. J'avais confiance en mon ami, la pluie, bientôt ses gouttelettes viendront venir me réconforter. Au milieu du chemin, à tout instant, la pluie s’abattait sur moi, mouillant les champs. N’accélérant pas la cadence de mes pas, je continuais à marcher, le visage, par la pluie, inondé. Mais loin d’en avoir peur, la joie habitait mon cœur. La pluie était mon ami, qui effaçait tous mes soucis. Je m’arrêtais un instant de marcher, et vers les nuages, je levai la tête. Fermant les yeux, savourant cet instant, de se sentir complètement vivant. Maintenant je dansais, sur le chemin, fêtant ce moment. Mais bientôt le chemin me ramenait vers ma maison et le soleil ferait son apparition.
Je marchais sous la pluie, gambadant à présent. Je marchais sous la pluie, heureux d’être en vie.

La vie, quelle merveilleuse illusion ... Alors que tout semblait aller pour le mieux, je fus tranché, coupé, arraché de cette vie si doucereuse, si limpide, coulante, comme un petit ruisseau d'eau claire. Je ne me souvenais plus de comment, ni exactement pourquoi, même si j'avais ma petite idée sur chacune de ces questions. Par contre je me souvenais bien de la suite, tellement elle fut horrible ...

~¤~ Chapitre XI – La marche ~¤~


Lentement. Très lentement. Je sens qu’il se fraie un chemin en moi. Plus il lacère ma chair, plus il me fait mal, plus je me sens bien. Je sens un os vibrer lorsque les dents du couteau se frottent à lui. Je ne peux pas l’enlever, il est hors de ma portée. Il ne me reste qu’à regarder devant moi. Rien d’autre qu’un marécage de sang qui rougi ma vue et une odeur caustique qui frôle mes narines. Pour pouvoir avancer, je dois ouvrir un chemin entre les boyaux qui, entremêlés, essaie de me faire trébucher. Je ne dois pas tomber. Tomber serait ma perte. Je ne pourrais pas me relever. Pas tout seul. Et il n’y a personne d’autre que moi. Rien qui puisse m’aider dans ces miasmes écœurant. Seulement moi, accompagné de ces images et sentiments qui reviennent sans cesse dans mon esprit. Sans le vouloir, je m’attarde sur une émotion. La brûlure est intense. La puanteur est insupportable. Auto combustion. Ma viande brûlée me permet de sentir autre chose que cette pestilence de sang coagulé. Je pourrais m’en réjouir si je n’avais pas à endurer la souffrance de ma chair qui ne finie jamais de brûler. La marche devient plus pénible. Aux boyaux se sont rajouté des mains qui essaient de s’agripper à mes chevilles pour me faire basculer dans cette immonde mare de sang. Je remarque que se sont toutes les mêmes mains, quelques unes ont été coupées, et d’autres ont été arrachées de l’avant-bras auquel elles appartenaient. Je ne sais pas où je pourrai me rendre, mais ce qui est certain, c’est que je n’arrêterai pas. Me rendre ? Jamais. Les supplices ne me feront pas changer d’idée. Pendant que, de leurs ongles pourris, les mains m’égratignent la chair brûlée de mes jambes, mon esprit plonge dans un marais de souvenirs et me rapporte des échos d’une partie de mon passé. Cette fois je n’ai pas pu m’empêcher de crier. Le couteau tourne sur lui-même. Je pousse plusieurs autres cris. Je rectifie. Les couteaux tournent sur eux-mêmes et perfore un orifice dans ma peau. Un sang noirâtre coule de mon nez. Le fluide dans lequel je patauge est maintenant plus consistant. Parmi les boyaux et les mains flottent des cheveux. Ils me tailladent les jambes. Le ciel opaque me promet de cruels tourments en m’envoyant une brise chaude qui laisse sur moi une crasse putride qui alourdi mes gestes. D’énormes abcès surgissent ici et là et explosent avec force répandant leur contenu, mélange de pus et de grumeaux rouge. J’en suis tout éclaboussé. Je passe ma langue sur mes lèvres brûlées et dures, ce qui finalement accentue la douleur au lieu de l’apaiser. Je commence à penser que je ne m’en sortirai pas. Je continue. J’essaie d’oublier ce qu’il m’arrive en orientant mes pensées vers quelque chose d’allègre. Je dois arrêter de penser. Du moins, je dois arrêter de penser à cela. Une grimace fruit de la torture, se fige sur mon visage. Les rides formées par la grimace s’ouvrent et saignent. Je dois cette contorsion faciale aux aiguilles et aux lames de rasoirs qui me sont projetées de je ne sais où, et qui s’enfoncent dans mon corps. Maintenant, chaque mouvement, infime soit-il, est un martyre. Ils me déchirent de l’intérieur. Je crie encore. Je sens des morsures sur mes jambes. Je dois maintenant lutter contre des têtes arrachées qui flottent dans cette mare odieuse et qui me font obstacle dans ma voie. Avec les lanières de peau qui leurs pendent du cou, elles ressemblent à des anémones venimeuses. Elles me mordent et des leurs yeux vitreux, m’offrent un regard rempli de haine. J’ai des dents enfoncées dans mes jambes. Me battre. C’est tout ce que je dois penser. Mais se battre, c’est bouger et bouger, c’est souffrir. Alors souffrons. Je n’ai pas d’autre alternative, ou succomber. Je ne cèderai pas. Même si je n’arrête pas de crier pour progresser et écarter boyaux, mains, cheveux et têtes. Même si je pleurs du sang décomposé non pas à cause de la douleur physique, sinon à cause de la douleur émotive, spirituelle. Mes souvenirs. Mes rêves. Mes incertitudes. Mes regrets. Non. J’ai trop pensé. J’ai trop pensé à cela. Je n’aurai pas dû. Je pense donc je souffre. Cette fois-ci, le chaos se déchaîne. Au loin je vois une nuée noire qui s’avance vers moi. La fange sanguine dans laquelle je me déplace commence à bouillir et de violents tourbillons rendent impossible ma progression. D’énormes colonnes d’une graisse exécrable tombent du ciel et épaississent cette mer repoussante de sécrétions. Mon tourment est extrême. Les couteaux continuent de tourner, je reçois toujours des lames et mon corps continu de brûler. Je vomi des morceaux de chair gangrenées que je ne saurai identifier. Les têtes autour de moi sautent pour me mordre. Elles m’arrachent de la peau calcinée. Je laisse une trace nauséabonde de cendre derrière moi. J’ai de la difficulté à respirer. De la bile remonte de mon estomac affamé et remplie ma bouche d’ulcérations. Une tête vient de m’arracher une oreille. Je ne pourrai pas résister plus longtemps. La brise chaude attise le feu qui consomme mon corps dans une lenteur abominable. Un tourbillon surgi de nulle part. J’essaie le plus vite que me le permet la douleur, de m’en éloigner. Il est difficile de réagir dans l’affliction. Quatre têtes s’empare de mon bras et me mène dans le tourbillon. Je résiste. Je ne bouge pas. Le poids est trop grand, je ne peux faire front aux têtes, qui dans un ricanement, se laissent aller dans la force centrifuge du tourbillon. Mon corps n’en peut plus. Dans un long bruit de déchirure, je perds mon bras qui s’engouffre dans le tourbillon. Le couteau qui grugeait l’articulation de mon épaule tombe à mes cotés. Mon malheur m’a donné une arme. La nuée noire se rapproche rapidement dans un vacarme répugnant. Tant bien que mal, je poignarde têtes et boyaux qui s’interposent devant moi. Je coupe des poumons, des foies, des intestins, des cerveaux et des visages. Je crève des yeux, des cœurs, des vessies, et des estomacs. Les morceaux secoués par des convulsions, continuent à chercher à me nuire. Je dois me dépêcher et aller…aller où ? Je dois sortir d’ici, mais comment ? Si tout ce que je vois pue et est infecte. La nuée est sur moi. Ce sont des mouches noires qui désirent se repaître de ma personne. Elles me dévorent vivant. Je n’ai pas le choix. Je plonge. J’avale un liquide épais et dégoûtant. Je me débat contre ce qui est contre moi. Je me bats contre tout. Je sors inhaler un peu de cet air fétide qui m’empoisonne un peu plus à chaque fois. Je n’arrête jamais de hurler de douleur et désespoir. Des mouches entrent dans ma bouche. Avec les dents qui ne sont pas tombées grâce à cette espèce de lèpre qui m’envahit, je les écrase. Elles éclatent d’un bruit sec et brûlent ma langue. Je crache et je replonge. Il y a trop de choses qui me veulent du mal, qui veulent ma mort. Je ressors. Il y a beaucoup moins de mouches. Par contre, des sangsues apparaissent, collent leurs ventouses sur ma peau et essaient de me priver du peu de vie qui me reste. Il y a également d’autres sangsues qui contrairement aux autres, m’injectent dans les veines cet amalgame visqueux dans lequel je baigne. Je ne sais pas pourquoi, mais je crois avoir déjà vécu tout cela. Un grondement souterrain. Le ciel s’obscurcit. Au loin, quelque chose de gigantesque et hideux émerge en poussant un cri insupportable. J’ai peur. J’ai mal. Je n’ai rien à perdre. Je continuerai sans m’arrêter, quoiqu’il arrive. Je ne tomberai pas. Le chemin que j’ai choisi doit forcément me mener à quelque part. La mort que j’ai choisi doit forcément me mener à quelque part ...

~¤~ Chapitre XII – Shinigami ~¤~


Ma mort fut douloureuse, pas en elle-même mais ce avait suivi avait été le pire que je n'avais jamais vécu. Ma psychopathie ne s'étant pas arrangée donc avec l'expérience terrifiante que ça avait été. Très tôt j'analysai les âmes qui m'entouraient, portant de plus en plus mon attention sur elles et sur l'énergie qu'elles dégageaient. Me laissant guider par cette soif d'apprendre, de savoir, de connaître, d'expérimenter, je devins aspirant shinigami dans une école réservée à l'élite des âmes. Bientôt mon talent fut reconnu et on me diplôma, puis on me fourni mes premiers vrai ordres de mission, en tant que garde du Seireitei. J'avais déjà choisi ma voix en entendant parler de la 12ème division, j'avais hâte que l'on me fournisse un sabre, mais en attendant, l'heure était à l'entraînement !
 
 
 
 


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Lun 15 Juin - 03:59 (2009) Visiter le site web du posteur MSN
Kuromaru no Himitsu
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Message Kuromaru No Himitsu Répondre en citant
Bon voilà c'est plutôt médiocre comparé au premier message mais bon le temps toujours le temps ... Ok j'arrête de chercher des excuses, j'avais un peu la flemme de développer autant aussi XD (promis prochaine fois j'essaierai d'équilibrer les parties ... Quoi ! Il n'y aura pas de prochaines fois ?! ... XD)

Bref voilà, je garde tout ce que j'ai fait avec Saki, mais dorénavant c'est Himitsu =) pour toute proposition de Rp, je suis ouvert. Enfin ma boîte Mp est ouverte Wink

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Lun 15 Juin - 04:03 (2009) Visiter le site web du posteur MSN
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Message Kuromaru No Himitsu Répondre en citant
Présentation époustouflante bien que je n'en conseillerais pas la lecture aux moins de 16 ans  Laughing

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...........................II Ma Fiche II...........................

Lun 15 Juin - 05:04 (2009)
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Message Kuromaru No Himitsu Répondre en citant
Okay alors à la suite de cette superbe présentation tu vas me décrire l'entrainement intensif que t'as fait suivre le commandent Chef Yamamoto. Le même qu'il a fait endurer à Zaraki lors de son adhésion au Seireitei. Yamamoto est le plus grand maitre qui soit, il t'entraineras une année mais ceci devrait suffir à faire de toi un shinigami avertis. Deplus un tel entrainement fera énormément parler de ta venu dans tout le Seireitei. Bonne chance !

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Lun 15 Juin - 08:12 (2009)
Kuromaru no Himitsu
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Message Kuromaru No Himitsu Répondre en citant
" Pfouaaa qu'est-ce que ça va être chiant ! "

Bien-sûr les mots m'avaient échappés ...

~¤~ Chapitre XIII - Exténuation ~¤~

  


... Et n'étaient pas tombés dans l'oreille d'un sourd. A l'entrée du siège de la première division, une silhouette encapuchonnée vêtue d'un haori blanc de Capitaine m'interpella après ma remarque.

" Cher jeune homme, tu devrai surveiller tes paroles. Surtout quand tu t'apprête à suivre un entraînement d'enfer avec papa-san. Ne lui donne pas une bonne raison de te mener la vie encore plus dure qu'elle ne le sera déjà. Sur-ce ... Bon courage ... "

Il disparut d'un shunpo qui fit voleter mes cheveux en arrière et qui balaya la scène d'un grand vent qui me cloua au silence. Je savais que j'allais en ch*er, c'était bien pour ça que je rouspetais. Je rentrai dans le grand bâtiment en ruminant tout ce que mon entraînement avait bien pu m'apporter déjà, en espérant que ce soit suffisant pour commencer directement à apprendre du vieux.
Au moment où j'entrai dans la salle qu'on m'avait indiqué, je m'affalai sur le sol sans pouvoir remuer quoi que ce soit ... Une voix au-dessus de ma tête résonna.


" Si tu ne peux pas te lever ce n'est pas la peine de commencer ton entraînement ! "

Alors c'était ça un entraînement avec le vieux ! Enfin, on n'avait même pas commencé encore ! En mon fort intérieur j'envisageais d'abandonner, mais un rebus de fierté me retins, je ne pouvais pas. Dans cette position je ne pouvais pas faire grand chose mais mon entraînement m'avait appris la maîtrise et le surpassement de soi, alors je mettrai en pratique. Non sans effort j'invoquais l'habituelle bulle d'énergie que je faisais couler hors de moi pour former une barrière ermétique autour de moi. La bulle cassa au bout de quelques secondes. J'invoquai alors plus d'énergie pour créer une barrière pure et résistante. Mon essai fut un échec encore une fois. Mon cerveau marchait tellement vite qu'une migraine ne tarda pas à me menacer. J'entreprenai alors un nouvel essai en changeant de tactique. Au tout début de cet entraînement j'avais créé la bulle loin pour la rapprocher le plus possible en attendant qu'elle s'habitue. J'essayai alors l'inverse. Je fis sortir mon reiatsu directement de mon corps pour la faire courir le long de ma peau, une fois le courant fluidifié je l'envoyais un peu plus loin. La bulle tint bon, je restais dans cette position un moment puis reculais les limites petit à petit et de plus en plus vite. Et bientôt je me mettais à genoux, puis accroupi et enfin debout. En sueur, à l'extrême limite de mon corps, mais debout quand même. Je relevais la tête, en signe de défi.
Pour la première fois mon regard plongea dans celui de mon futur instructeur, il avait un regard perçant, à glacer les sangs, mais le miens était réellement de glace. Je maintenais ma position, difficilement, en attendant d'être puni pour mon toupet. Ce qui ne tarda pas. Et quelques instants plus tard je reprenais ma lutte au sol pour me relever car le Capitaine-Commandant avait forcit son aura.


" Relève-toi que nous commençions enfin, je commence à bailler d'ennui. "

Je détestais déjà ce vieillard. Mais en mon fort intérieur je le respectais tout de même. Je remerciais mon entraînement d'avoir été aussi productif, à moins que je n'étais réellement doué, ce qui ne m'aurait pas étonné. Je me relevais encore une fois. Mais mon corps se plia en deux la seconde d'après, le Capitaine de la première division m'avait enfoncé dans l'extomac son baton et son visage était maintenant à quelque centimètres du mien, juste de quoi murmurer :

" Ne sois pas si arrogant avec moi. Tu es doué et c'est d'ailleurs pour ça que je t'ai convié ici à venir apprendre, mais te monte pas la tête. Maintenant que tu commence à t'habituer à mon aura écrasante, nous allons pouvoir commencer. "

Je me pris le mur du fond de plein fouet mais je ne ressentis pas la douleur, enfin je me retins de la sentir. Je me relevai presque sur le coup, je faisais face au vieux qui me toisait comme un prédateur amusé ...

Cela faisait maintenant presque un an que j'étais dans le QG de la première division, en tant qu'élève particulier de Yamamoto-sama. L'entraînement qu'il m'avait fourni était allé de l'endurcissement pur et simple du corps avec des méthodes courantes. Mais ça n'avait été juste pour ne pas perdre la forme. Le gros du travail avait été donné dans la tactique et la stratégie, et grâce à mon cerveau hors du commun j'avais pu progresser à une vitesse phénoménale, ingérant tout comme une véritable éponge. Le kidô n'avait plus aucun secret pour moi dans le principe, tout comme la magie blanche. Mes horizons en matière de déplacement et de vitesse s'étaient élargis de façon spectaculaire. Il me restait du travail mais je continuerai seul, je le savais. Le vieux voulait me donner des bases de travail, il ne m'avait rien enseigné à proprement parler, il m'avait montrer comment apprendre.
J'étais en face de lui, dans l'habituel salle d'entraînement. Il fit un signe de la main. Je commençai un enchaînement long de postures et de coups, comme si je combattais des centaines d'adversaires en même temps. En nage, j'achevais et me remettais à ma place initiale. Le vieux refit le même signe, m'invitant à recommencer. Je m'exécutai sans rechigner mais je compris vite que ce serait beaucoup plus dur, le Capitaine avait rendu l'air plus dense avec son énergie pour ralentir mes mouvements. Je luttais, sentant que bientôt je craquerai ... Mais pas tout de suite !
Nous étions au début de la journée. Après cet échauffement, nous travaillâmes la pression spirituelle. Je condensais dans ma main plus d'énergie que jamais et je fis varier la taille de la bulle très rapidement. Puis je fis rentrer mon énergie en contact avec celle de mon supérieur. La friction était forte, je me sentais encore une fois sur le point de céder, mais je le fis pas. Le Capitaine finit par relâcher sa retenue et ma balaya au loin par la même occasion. Tout cela dura la matinée. L'après-midi était réservé aux études à proprement parler. Je citais les noms de techniques, leurs incantations et les conditions nécessaires à leur apprentissage. Nous fîmes une partie d'échec que je gagnai avec facilité, puis une partie de Go que je perdis avec dégoût à cause d'une faute d'innatention. Puis vint le soir.
Alors que la journée se finissait comme d'habitude, mon enseignant m'interpella.


" Mhmm tu devrais pourtant l'entendre à présent, non ? Pourquoi ne répondrais-tu pas maintenant ? "

Il y avait peu de temps que le voile des ténèbres de l’infini s’était écarté de mon regard pour me laisser entrevoir les rouages de ce monde que mon esprit était déjà en éveil, comme si son essence millénaire n’avait eu de cesse de grandir et qu’il m’était, en ce jour fatidique, fait don de cette sagesse ancestrale afin que par elle j’accomplisse quelque dessein grandiose. L’origine de ces terres m’était inconnue, tout autant que l’était ma propre ascendance. Lui était né de ces ténèbres qui composaient mon âme à travers la terre mère qui me fit don d’une enveloppe charnelle. Je portai alors mon attention sur l’univers qui m’entourait, sur les terres et les mers qui s’étendaient sous mes pieds et aux montagnes qui en jaillissaient. J’humai l’air et embrassai le ciel dont l’infinité insondable faisait office de berceau protecteur. Au-delà de mes sens, ouvrant les portes de mon esprit, faisant abstraction des lois physiques qui régissent les mortels, je m’envolai ; je perçus des présences qui m’étaient semblables, des êtres de toutes natures assoiffés de pouvoir et de grandeur. Je m’efforçai d’assimiler les lois qui régissaient ce vaste inconnu, vagabondant de par les contrées célestes en quête de savoir. Vint alors à moi une réponse et je réintégrai mon corps. Le néant prenait forme tangible alors je saisissais les premiers balbutiements d’une fraîche civilisation. Ce royaume qui prenait vie était mien et il faisait partie d’un tout. Cette entité, telle un échiquier titanesque dans l’immensité du cosmos sur lequel débutait une partie, avait un nom ...

" ... Brejbfvds ? Non, je n'entends rien ! Ou en fait si, mais ça tient de l'imprononçable ! "

Yamamoto-sama fit un signe de déception avec la tête, puis il tira de derrière son dos une magnifique lame qui tenait plus du glaive que du sabre. Il avait un double tranchant et quatre trou près d'une garde simple. Il n'était pas très allongé, mais je vais déjà qu'il m'appartenait, je sentait se déposer en lui mon énergie, comme un réceptacle naturel de mon aura. Le Capitaine-Commandant sourit, je le remerciai avant de sortir. Devant le parvis j'aperçut le Capitaine qui m'avait conseillé un an auparavant. Je lui fis signe de la main avant de me précipiter vers la salle d'entraînement la plus proche.


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Lun 15 Juin - 11:49 (2009) Visiter le site web du posteur MSN
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Message Kuromaru No Himitsu Répondre en citant
Bon tu as encore brulé une petite étape mais estimons que tu peux te permettre cette toute dernière fantaisie.
Tu reçoit +8 en réputation, ton entrainement qui a accaparé Yamamoto a fait parlé de toi dans tout le Seireitei ...
De plus, tu as 40 points à répartir comme bon te semble dans tes caractéristiques. Tu reçois ton zampakuto dont tu as tout à apprendre. Tu es convoqué par la chambre des 46, ils te demandent de remplir un dossier, toutes les divisions s'ouvrent à toi excepté la 13 ème qui se trouve être surchargée. les sages attendent ta réponse officielle, les 11 représentants des divisions qui te sont abordables sont présents. La suelle deviendra la tienne ?

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